Le Castelet

Les origines du Castelet restent, à ce jour, imprécises. Il appartenait au début du XVe siècle à Raymond Barralier, l’un des coseigneurs de Ménerbes. Par la suite, l’édifice et ses terres ont été la propriété de la famille Guilhens, puis en 1605, de la famille d’origine italienne Galléan, établie dès le XIVe siècle à Avignon et détentrice de plusieurs autres seigneuries.

Lors du siège de Ménerbes (1573-1578), aux mains des protestants, il essuya quatre assauts des troupes catholiques subissant de lourdes dégradations. Au XVIIe siècle, le Castelet fut transformé en élégante bastide largement ouverte sur l’extérieur. Il conserve de cette époque le grand escalier extérieur à double révolution flanqué de deux tourelles qui assure l’accès à une cour intérieure. Cette dernière dessert une petite chapelle privative ainsi que les salles de la bastide. A l’arrière, un grand balcon muni d’un bel escalier conduit à l’aire ouverte entourée d’un mur d’enceinte datant du XVIe siècle muni de plusieurs guérites et d’une tour de défense.

Enfin, un important programme de rénovation conduit au XIXe siècle, pendant lequel les élévations furent couvertes d’un enduit masquant les aménagements anciens, a donné au monument son aspect austère actuel. En 1953, le Castellet fut acheté par le peintre de renommée internationale Nicolas de Staël, attiré dans la région par son ami le poète René Char.

Propriété privée ne se visite pas

L'église Saint-Luc

L’église Saint-Luc a été reconstruite au XVIe siècle après les guerres de religion, vraisemblablement à l’emplacement d’un prieuré du nom de Saint-Sauveur, et à proximité de l’ancien cimetière.
L’église originelle est mentionnée dans les archives ecclésiastiques dès le XIIIe siècle, époque où elle dépendait de la puissante abbaye bénédictine de Saint-Gilles dans le Gard.

Il est encore possible aujourd’hui de lire la date de 1594 sur le couronnement du campanile, qui achève la construction, plus ancienne de quelques décennies. 
Les cinq chapelles de l’église contiennent des oeuvres du XVIe et XVIIe siècle, dont la plupart sont inscrites ou classées à l’inventaire des Monuments Historiques, tout comme le maître-autel et la grille de communion.
Sur le parvis de l’église se réunissaient les consuls et les échevins. Une belle croix en fer forgé est scellée sur un socle carré édifié, tout comme l’église, en pierre calcaire blanche des carrières voisines.
Depuis 2017, l’église Saint Luc est inscrite au titre des Monuments Historiques.

Le vieux Cimetière

Certaines familles peuvent encore y enterrer leurs défunts.
Ne se visite pas.

Porte Saint Sauveur

Cette puissante porte faisait partie des remparts qui protégeaient Ménerbes et constituait l’une des deux entrées du village à l’époque du Moyen-âge. Cet ouvrage défensif porte l’ancien nom de l’église (du temps où il s’agissait d’un prieuré, au XIIIe siècle).
La porte Saint-Sauveur est une réalisation du XVIe siècle, comme le précisent les éléments de défense (bouches-à-feu) ainsi que le traitement des maçonneries. Elle était autrefois surmontée d’une terrasse de vigie et flanquée d’une capitainerie.

En 1573, durant les Guerres de religion, c’est par cette ouverture que sont entrés les protestants pour prendre le village et l’occuper pour une durée de cinq ans. Autrefois, le village possédait deux entrées. La deuxième, nommée Notre-Dame ou « porte du Midi »,
a été démolie au XIXe siècle. Les deux portes sont représentées par deux clefs dans les armoiries de Ménerbes.

Les Belvédères

Beau point de vue sur la vallée du Calavon, les monts du Vaucluse et le Ventoux d’un côté, sur les carrières de pierre et le Grand Luberon de l’autre.

La Carmejane (privé)

Situé à l’emplacement de l’ancien château féodal de Menerbia, dont les origines remontent à 1081, l’hôtel de Carmejane constitue un véritable résumé de plusieurs siècles d’histoire. Vers la fin du XVe siècle, il devint la demeure d’une grande famille originaire de
Gascogne, les Carmejane, qui prospéra à Ménerbes jusqu’à la révolution. Joseph-Charles (1772-1830), Baron d’Empire et Général, s’illustra à la bataille de Valmy.
Des vestiges médiévaux sont conservés dans la haute façade qui domine la ruelle et qui nous renseigne sur l’organisation ancienne du château, doté dans un premier temps d’un large passage conduisant à l’arrière à une tour. 

Le balcon en encorbellement représente un témoignage de la fin du Moyen-Age et supporte une balustrade de style classique. Plusieurs fenêtres, intégrées ou remaniées, datent de la Renaissance et du XVIIe siècle. Au XVIIIe siècle, l’ensemble connut des transformations profondes avec la réorganisation de la façade principale et, au sommet, la réalisation tardive d’une petite échauguette qui avait une fonction symbolique de surveillance.
L’hôtel de Carmejane est aujourd’hui une demeure privée, entièrement restaurée, dotée de somptueux jardins situés sur la face nord de la propriété.
Soulignons que l’hôtel domine d’anciennes terrasses superposées qui conservent dans les parois rocheuses de nombreux éléments rupestres qui renvoient à une présence pouvant être très ancienne.
Propriété privée, ne se visite pas.

La Cure (privé)

Utilisée comme salle de garnison pendant les guerres de religion, cette maison servit ensuite de presbytère puis de salle paroissiale. La tombe du Général Baron Robert se trouve dans le jardin.

La Tour de l'Horloge

Cette tour, couronnée d’un campanile de fer forgé entouré et surmonté de cinq croix, a fait l’objet d’une reconstruction à la fin du XVIe siècle. Le mécanisme de l’horloge se constituait d’un système à poids que le titulaire «conducteur de l’horloge» devait remonter. Le 18 janvier 1768, les travaux de démolition et de reconstruction de la Maison de Ville jouxtant un portalet (porche) et s’ouvrant sur la vallée du Calavon et le Mont Ventoux, sont réceptionnés. L’ensemble a abrité la mairie de la commune jusqu’en 1977.
La tour de l’horloge marque les grands moments de la vie communale.

Le Lavoir


Le lavoir de Ménerbes a été construit en 1908, accolé à la fontaine publique du village pour l’abreuvage des bêtes de somme. Il est protégé par un toit posé sur six piliers carrés et comporte deux bassins bout à bout bordés de pierres de lavage. Au centre, la cloison qui sépare les deux bassins supporte un anneau de fer dans lequel passait autrefois une longue poutre cylindrique servant à poser le linge mouillé, savonné ou rincé. Autrefois, de petits foyers permettaient de chauffer l’eau dans les lessiveuses. Lieu convivial, ce lavoir public fut longtemps utilisé par les villageois.

Aujourd’hui encore il reste un lieu de rendez-vous et de rencontres.

La chapelle Notre-Dame des Grâces

Cette chapelle a été reconstruite en 1720 par les Ménerbiens, en action de grâces pour avoir été épargnés de la peste. Elle exploite un emplacement ancien qui conserve en soubassement les restes d’un édifice énigmatique, peut-être une chapelle plus ancienne.

Signalons qu’à proximité se situait, également aux abords du village actuel, l’important prieuré Saint-Estève (Ve siècle) qui renvoie aux premiers temps chrétiens.
La chapelle Notre Dame des Grâces comporte une porte en plein cintre, deux fenêtres de part et d’autre et un oculus dans le haut du fronton. Le plafond est en bois. Un joli clocheton en pierre abrite une cloche en bronze.

Restaurée en 1955, à l’initiative du peintre russe, Georges de Pogédaïeff, la chapelle est dotée d’un triptyque empierré derrière l’autel et de quatre grandes peintures murales de l’artiste. Un autre artiste local, le peintre et sculpteur Antonin Barthélémy, l’a assisté dans son entreprise en créant un autel, une rampe de communion en pierre sculptée représentant la vie de Saint Gens, ermite au Beaucet, ainsi qu’un bénitier.

La Maison Dora Maar et son jardin (privé)

Ancien hôtel particulier du XVIIIe appartenant à Charles-François de Ferres, descendant de maîtres verriers italiens installés à Goult au milieu du XVe siècle. Cette résidence a appartenu par la suite au Général Robert (1772-1831), baron d’empire qui se couvrit de gloire à Tortosa pendant les guerres de Napoléon en Espagne. Il fut nommé gouverneur de cette ville en 1813. En 1825, pour sa retraite, il revint vivre dans son village natal, Ménerbes, où il mourut le 16 juin 1831. Il est enterré dans le caveau de famille qui se situe dans le jardin de l’ancien Presbytère.

 

L’élégant hôtel particulier contient à l’arrière d’anciens aménagements rupestres renvoyant à une date d’occupation ancienne. Dans les jardins dominés par le rocher taillé, puits et bassins démontrent la présence de l’eau, essentielle aux rites religieux, dans ce quartier connu pour avoir hébergé anciennement une petite communauté juive.

Dora Maar (Henriette Dora Markovitch), artiste-photographe qui était pendant plusieurs années la compagne de Picasso, a acheté cette maison en 1944 avec le produit de la vente d’un tableau offert par le peintre espagnol. Jusqu’à sa disparition en 1997, elle y séjournait chaque été et y dessinait et peignait les paysages environnants. De nos jours, la maison est une propriété privée destinée à accueillir en résidence des artistes et écrivains du monde entier.
Propriété privée, ne se visite pas

Hôtel de Tingry (privé)

Cette élégante demeure du XVIIIe siècle fut construite par Joseph Balthazard des Laurents.

Elle est dotée d’un très beau porche et sa cour était autrefois caladée avec les galets de la Durance. La famille des Laurents, d’origine piémontaise, s’était fixée dès le début du XVIe siècle dans un hôtel particulier, Plan de Lunel, à Avignon. Famille puissante et influente d’Avignon, elle avait fait de l’hôtel de Tingry sa résidence campagnarde.
La dernière héritière fut Eléonore Pulchérie des Laurents, épouse de Charles François Christian Montmorency-Luxembourg, Prince de Tingry, qui donna son nom à cet hôtel particulier.
De 1781 à 1789, la princesse de Tingry donna asile au Comte de Rantzau, Capitaine des gardes du roi du Danemark Christian VII. Le comte avait fui le Danemark pour avoir participé à un complot contre la reine Caroline Mathilde.
Son tombeau se trouve dans le jardin de la Citadelle.

Propriété privée, ne se visite pas.

La prison

La prison fut intégrée aux défenses existantes en 1573, l’année de l’occupation de Ménerbes – village distingué par sa fidélité au pape – par 150 hommes d’armes protestants. Cet outrage au Saint-Siège ne pouvant rester impuni, un siège fut mis sous le commandement d’Henri d’Angoulême avec environ 15 000 cavaliers et gens d’armes à pied venus de Corse et d’Italie. En dépit de ce rapport de force favorable aux pontificaux, le siège dura cinq ans.

Ménerbes fut entouré de tranchées, des redoutes furent placées tous les cent pas, des batteries de canon installées sur les collines autour. 

Malgré des canonnades destructrices, dont certaines avec des boulets chauffés au rouge qui déclenchèrent des incendies, la prison resta intacte. Le village finissant par être privé d’eau potable, après d’âpres négociations, les protestants se rendirent le 9 décembre 1578.

Accessible par le chemin de ronde, l’ancienne prison est constituée d’un logement avec cheminée à l’étage auquel on accède par un escalier extérieur et d’un cachot au rez-de-chaussée dont la porte est garnie de deux gros verrous et d’un judas muni d’un croisillon de fer. Des travaux de consolidation et de réfection des murs, ainsi que la création de nouvelles ouvertures, eurent lieu au cours du XVIIe siècle et furent suivis d’une restauration récente en 2006.

Statue de Clovis Hugues

Fils de meunier, Clovis Hugues naquit à Ménerbes le 3 novembre 1851. Poète, romancier et homme politique, dès l’âge de 19 ans il s’engage dans la Commune insurrectionnelle de Marseille et écrit un article au Vrai Marseillais qui lui vaut une condamnation de trois ans de prison et une amende de 6 000 francs pour délit de presse. Ses poèmes de prison, les premiers d’un œuvre abondant, furent remarqué par Victor Hugo. Il écrit aussi en langue d’oc et adhère au mouvement du Félibridge fondé par plusieurs poètes provençaux, dont Frédéric Mistral, dans le but de restaurer la langue provençale.

A sa sortie de prison, Clovis Hugues épouse Jeanne Royannez et lorsqu’un journaliste bonapartiste, Désiré Mordant, insulte la jeune épouse, Hugues le provoque en duel et le tue. Il est acquitté en février 1878. On ne s’attaque pas impunément à l’honneur de Madame Hugues puisque en 1884, de plusieurs coups de revolver, elle fera taire un détective qui l’accuse d’adultère dans le but de nuire à la carrière politique de son mari. L’affaire fit grand bruit et Royannez fut acquittée le 8 janvier 1885. Sculptrice, elle est l’auteur d’un buste en bronze de son mari devenu député socialiste de Marseille en 1887. Un exemplaire de cette œuvre se trouve à Ménerbes devant l’école qui porte son nom, monté sur un socle en pierre du sculpteur vauclusien Félix Devaux.

La Citadelle (privé)

La Citadelle fut construite après le siège de Ménerbes (1573-1578) afin d’abriter une garnison d’hommes d’armes italiens pour assurer la protection permanente du village. Le premier gouverneur, Francisco Ricciardi, fut nommé par le pape Clément VIII en 1594. Ce dispositif perdurera jusqu’en 1791.

Le monument, austère, barre la plate-forme et deux tours latérales le relient au rempart. Une première tour ronde à droite du portail est liée au corps principal. De l’autre côté, c’est une échauguette qui achève une galerie de circulation et qui surplombe la rue conduisant au portail Neuf (construit en 1751 et aujourd’hui disparu). Dans la façade principale, le portail d’entrée était surmonté à l’origine d’une bretèche portée par des corbeaux en encorbellement. Au-dessus du portail, une sculpture représente la pesée des âmes.

Au XVIIe siècle, la Citadelle est alors une « ville dans la ville », avec son four à pain et ses importantes réserves de vivres et matériel pour faire face à un siège éventuel, la menace huguenote perdurant jusque dans les années 1680. Tout le nécessaire (bois de chauffage, avoine pour les chevaux, farine) est fourni par les habitants au frais de la communauté de Ménerbes qui verse aussi les salaires ou « fastigages » des soldats et du gouverneur.

Propriété privée, ne se visite pas

La Chapelle Saint-Blaise

Cette chapelle, élevée en 1734 par la confrérie des pénitents blancs, porte la titulature de Saint Blaise, saint patron des cardeurs de chanvre. Grand guérisseur et évêque de Sébaste en Arménie, il fut martyrisé sous le règne de Dioclétien et mourut en 316.
Le tympan de la porte présente les restes d’une sculpture mutilée à la révolution, représentant deux moines pénitents à genoux au pied d’une croix. 

L’édifice a la particularité de posséder deux éléments architecturaux du XVIIIe siècle classés à l’inventaire des monuments historiques : un plafond en bois décoré et sculpté qui est une oeuvre rare, et une grille de tribune en fer forgé. Signalons que la chapelle surmonte un rocher isolé, occupé à l’origine par un édifice qui reste encore énigmatique, peut-être une tour médiévale ou un élément défensif élevé au temps des guerres de religion au XVIe siècle.
Pendant la période révolutionnaire, la chapelle a servi de salle de réunion républicaine. Aujourd’hui elle est ouverte régulièrement pour accueillir des baptêmes, des cérémonies religieuses et diverses manifestations culturelles.

Le dolmen de la Pitchoune

Peu visible du bord de la D3, mais réel vestige d’une période ( 2000 ans avant JC). Découvert au 19ème siècle, il fût identifié en 1850 par l’abbé André. C’est le seul dolmen du Vaucluse.

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